Bruxelles, hub pour les scale-ups internationales – Kpler règne sur les flots
Dans des bureaux discrets mais élégants situés avenue des Celtes, la navigation mondiale est cartographiée. Kpler, une scale-up fondée en France, a aujourd’hui établi son siège à Bruxelles. L’entreprise compte 550 collaborateurs à travers le monde, dont un tiers d’ingénieurs et de développeurs. « Kpler souhaitait installer son siège à Londres. Mais le Brexit en a décidé autrement », explique le ministre Sven Gatz. « La fiscalité avantageuse pour les holdings, la situation centrale en Europe et l’accessibilité internationale via le train et l’aéroport ont été déterminantes. Bruxelles est également une ville où les employés veulent vivre, ce qui est essentiel pour attirer les talents », ajoute Arthur Chevreul de Kpler.
Kpler est spécialisée dans la collecte et la transformation de données brutes en informations de marché exploitables dans les secteurs du transport maritime, des matières premières et de la transition énergétique. Sa croissance a été stimulée par l’expansion du marché mondial du gaz naturel liquéfié, et par le besoin accru d’informations qui en a résulté. Récemment, Kpler a racheté MarineTraffic, une entreprise spécialisée dans le suivi des navires via géolocalisation.
Grâce à des données publiques et privées, Kpler cartographie les flux mondiaux de matières premières. Concrètement : sur une carte, on peut cliquer sur chaque bateau et savoir de quel navire il s’agit, d’où il vient, où il se rend et ce qu’il transporte. Si un navire est bloqué ou piraté, cela devient immédiatement visible. En observant chaque bateau, Kpler peut reconstituer les flux mondiaux de matières premières, tant au niveau régional que global, et suivre leur évolution en temps réel en réponse aux événements géopolitiques. Pour les clients souhaitant des analyses des tendances du marché, Kpler propose également un contenu éditorial quotidien, produit par une équipe de trente analystes.
Qui sont les clients de Kpler ? Des entreprises actives dans le secteur maritime, celui des matières premières ou encore le secteur de la transition énergétique. Il s’agit aussi bien de petits acteurs locaux que de grandes multinationales. Les gouvernements et organisations internationales font également partie de la clientèle, car ils ont besoin de données fiables pour élaborer et mettre en œuvre leurs politiques publiques (contrôles douaniers, politique énergétique, émissions de CO₂ des navires, etc.).
Open Vld-Brussel visite régulièrement petites et grandes entreprises bruxelloises afin de comprendre les préoccupations des entrepreneurs. La cheffe de groupe Carla Dejonghe, le ministre Sven Gatz et les membres du bureau Philippe Adriaenssens et Valérie Libert ont ainsi été accueillis chez Kpler. « Nos visites ne sont pas de simples visites de courtoisie. Arthur Chevreul, Axelle Steurs et Manuel Ortegon de Kpler ont pris le temps de partager plusieurs points d’attention pour les politiques publiques », explique Sven Gatz. Malgré la présence d’universités de haut niveau, il n’est pas toujours évident de recruter des talents locaux.
Les ingénieurs fraîchement diplômés disposent de nombreuses options. La concurrence est rude dans la “guerre des talents”. Attirer des ingénieurs qualifiés de l’étranger est donc aussi une piste, mais la fiscalité belge n’est pas toujours avantageuse à cet égard. Le système fiscal belge est notamment défavorable pour les emplois dont une partie du salaire dépend de commissions, comme c’est le cas pour les commerciaux.
L’accueil des travailleurs étrangers est généralement bon à Bruxelles. Toutefois, selon la commune, la flexibilité des services administratifs — notamment au niveau des horaires d’ouverture — peut être limitée. Pour les employés hors UE, les démarches administratives peuvent parfois être compliquées. Des problèmes surviennent régulièrement pour le renouvellement du titre de séjour, qui n’est pas toujours délivré à temps. Le contrat de travail doit alors parfois être suspendu en raison de lenteurs administratives. De plus, les collaborateurs originaires d’Europe de l’Est rencontrent souvent des difficultés pratiques pour ouvrir un compte bancaire. « Il est important d’être ouvert à une critique constructive et d’écouter ces remarques. Bruxelles doit aussi investir dans ces aspects pour favoriser le climat entrepreneurial. »
Kpler est une “licorne”, c’est-à-dire une entreprise valorisée à plus d’un milliard d’euros. Ce n’est pas rien : une fierté légitime. Kpler est la troisième licorne en Belgique. À Bruxelles, la demande existe pour un réseau permettant aux start-ups et scale-ups de se rencontrer et d’être mises en valeur. Des événements comme le Deloitte Technology Fast 50 vont dans ce sens. « Nous prenons également ce signal en compte », indique la délégation Open Vld. « Bruxelles compte un large réseau d’organisations privées et publiques dédiées aux entreprises. Elles jouent un rôle essentiel dans la création d’un climat entrepreneurial dynamique. Nous sommes les leaders absolus en Belgique en matière de start-ups. Nous devons aussi le montrer à l’international. »